Success Story : Science Ouverte

Découvrez tous les mois les projets de celles et ceux qui œuvrent pour la médiation scientifique en mathématiques et informatique ! 

Présentation d’ensemble

L’association Science Ouverte est née d’un travail de terrain entrepris depuis le début des années 90 en Seine-Saint-Denis.

Son objectif : Ouvrir les jeunes aux sciences et les sciences aux jeunes, ainsi qu’aux citoyens de tous âges. Les violences parties de Clichy-sous-Bois en novembre 2005 l’ont amenée à préciser les buts de ce travail : lutter contre un sentiment d’enfermement et d’impuissance trop présent sur le territoire et qui entretient le cercle vicieux d’une certaine ghettoïsation.

Créée en avril 2007, l’association jouit d’emblée d’une expérience reconnue et de partenariats solides dans les milieux des sciences et de leur médiation, de l’éducation, et auprès des collectivités locales. Elle poursuit depuis la mobilisation de jeunes de tous âges à travers des pratiques vivantes et riches associées à la rencontre de la science en train de se faire, de ses acteurs et de ses questions.

Même si elle rayonne au niveau régional, Science Ouverte vise d’abord un public de Seine-Saint-Denis. Les mathématiques ont une part essentielle dans ses activités, mais cette part nécessaire et justifiée, n’est pas exclusive : nous intervenons avec des scientifiques reconnus en biologie, physique, astrophysique, nouvelles technologies par exemple, ainsi que sur des questions épistémologiques ou encore liant les sciences à la citoyenneté.

Que faisons-nous ?

En primaire, nous menons avec Robin Jamet, du Palais de la Découverte, une expérience innovante d’apprentissage ludique, exploratoire et manipulatoire des mathématiques. Cette expérience qui se mène en classe par cycles de sept séances hebdomadaires sur des thèmes des programmes, constitue en même temps une formation pour les professeurs qui y participent ; elle leur redonne d’ailleurs parfois confiance dans leur capacité à enseigner une matière jugée souvent difficile. Elle s’inscrit parfaitement dans les objectifs du plan Villani-Torossian. Jouissant notamment du soutien de la fondation Blaise Pascal, elle se répand de façon virale et a touché 65 classes en 2018.

En direction des publics du primaire, nous menons également des ateliers hors l’école, fondés sur le même principe d’apprentissage exploratoire des sciences.

En collège, la variété des ateliers périscolaires est plus grande (graphisme 3D, exploration mathématique, nouvelles technologies par exemple). Nous faisons face à une demande de soutien scolaire extrêmement forte à laquelle nous ne pouvons répondre que très partiellement. Nous menons des animations (notamment la construction de nos fameux polyèdres géants, mais pas seulement) et organisons des conférences. Nous organisons des stages à destination des collégiens (une semaine pendant les petites vacances) avec des interventions de scientifiques, des visites et des activités pratiques.

Tout cela nous permet d’avoir un début de suivi pour plusieurs dizaines de collégiens qui viennent grossir les rangs des lycéens (plusieurs centaines) que nous mobilisons de façon continue sur tout le département à partir de la classe de seconde et jusque dans leurs études supérieures. On trouve dans notre Conseil d’Administration des étudiants (quatre actuellement) suivis selon les cas depuis la cinquième ou la seconde.

Pour les lycéens précisément, nous organisons le « tutorat » (150 inscrits à l’année), c’est-à-dire un cadre de travail où ils sont épaulés par des enseignants bénévoles, des étudiants de master ou d’écoles d’ingénieurs, de jeunes chercheurs dans les locaux de l’Université paris 13 à Bobigny. Nous animons des ateliers MATh.en.JEANS, et nous organisons des stages nombreux conçus et animés avec le concours de scientifiques chevronnés qui constituent notre comité scientifique.

Enfin, nous menons des activités grand public : notre dernière exposition, Ludomaths, commence maintenant à itinérer. Elle a remporté en 2019 un fort succès à Drancy avec 4 500 visiteurs. 

Toutes ces actions ont une cohérence forte qui se manifeste dans la constitution d’un noyau de jeunes dynamiques, passionnés de sciences, issus à 83 % de Seine-Saint-Denis, et plus précisément à 45% des villes de Drancy et Bobigny. Un enjeu essentiel est d’accroître la dimension et la visibilité de ce noyau.

La Fondation Blaise Pascal soutient à peu près l’ensemble de ce que nous faisons en mathématiques.

2018 en quelques chiffres 

En 2018, nous avons comptabilisé 9 600 participations, représentant 54 000 heures d’activités individuelles.

Ces activités se subdivisent en activités longues (ou un véritable suivi des participants peut être assuré), et en activités courtes (participation à une conférence, une animation, une visite, etc.)

Les activités courtes ont mobilisé 6 550 participations, pour un total de 8 000 heures individuelles. On a accompagné sur la même période 2 850 participants sur 44 800 heures d’activités longues (15,6 heures en moyenne). Il faut ajouter à cela des formations qui ont duré 4,5 heures en moyenne pour un peu plus de 200 personnes.

Les ateliers mathématiques en primaire ont touché 1680 élèves et enseignants pour un total de 13 000 heures d’activités individuelles. Les soutiens et le tutorat ont attiré 581 participants pour un total de 14 150 heures. 

La même année, les collégiens et lycéens ont participé à 22 stages d’une semaine en moyenne (trois de ces stages étaient organisés pour l’essentiel par des partenaires). 

Les ateliers réguliers pour collégiens et lycéens ont été pour leur part au nombre d’une douzaine (232 inscrits, mais sur deux années scolaires, 5 200 heures d’activités, environ dix participants par atelier en moyenne).

On ne fera pas ici la liste de toutes les activités ponctuelles ; elles représentent 104 demi-journées d’animation, soit plus de deux par semaine d’activité. Cette densité s’explique en partie par leur diversité : animations de plus d’une heure (25), « samedis des curieux » sur le quartier berceau de l’association (7), salons et stands (20), séances d’orientation (11) sur différents parcours et métiers, conférences (10), sorties (11), présentations de l’association par exemple dans des établissements scolaires. (18).

Résultats

Le suivi des résultats des jeunes a fait l’objet d’un bilan assez précis à l’occasion des dix ans de l’association, célébrés avec six mois de retard en octobre 2017. En juin 2010 nous avons commencé à suivre les générations successives d’élèves, qui sont arrivées au bac à partir de 2012, certains anciens un peu plus tôt. Sur six ans, nous avons ainsi recueilli, outre de nombreux témoignages, 274 résultats au bac avec 196 mentions dont 68 mentions TB. 95% des jeunes que nous avons suivi ont fait ou font des études longues (Bac+5). Certains ont eu des résultats exceptionnels (7 à Polytechnique, 1 à HEC, 1 aux mines, 1 à Centrale-Supélec, 7 dans les ENS, etc.).

Perspectives

Le travail que nous réalisons correspond à un besoin mais pas forcément à une demande. Le simple fait (qui n’est pas si simple d’ailleurs) de le mettre en place rencontre un écho rapide parmi les jeunes qui y participent, et suscite un bénévolat intéressant. Plusieurs directions de développement existent :

  • A l’échelon départemental, le rendre plus visible, le renforcer et le diversifier pour apporter un véritable changement au paysage local, très désespérant pour beaucoup de jeunes du territoire. C’est dans cette perspective que nous travaillons patiemment à la mise en place d’un centre d’exploration et de diffusion des sciences de Seine-Saint-Denis, à Drancy.
  • A l’échelon national, se constituer comme expérience pilote pour un certain nombre de territoires défavorisés sur le plan social et culturel. Ceci nécessite pour nous (et des partenaires) de réfléchir à ce qu’il est nécessaire de mettre en place localement pour permettre le développement d’initiatives du même type : tant sur le plan de l’équipe organisationnelle que du noyau de bénévoles, des partenaires scientifiques et opérationnels, et de parrains.
  • A l’échelon national encore, systématiser notre expérience en milieu scolaire primaire pour en faire également une expérience pilote, sachant qu’elle s’intègre parfaitement dans la dynamique du plan Villani-Torossian.

Article écrit par François Gaudel, Président de l’association Science Ouverte